Baholy, Félix et leurs enfants

Née en 1974, Baholy fait partie du deuxième groupe que nous avons pris en parrainage. Avec trois autres familles, elle dormait à un carrefour de rues, en face de l’église, avec ses enfants, vivant de mendicité et mangeant quand elle trouvait.

Avec la subvention, nous l’avons incité à trouver un toit ce qu’elle fit sans tarder, puisqu’elle connaissait une femme qui lui accordait l’occupation gratuite des ruines de sa maison à condition de travailler la terre attenante. Jusque là elle ne pouvait le faire n’ayant aucun moyen de payer les semences, ce que nous avons fait pour lui permettre de démarrer.

La scolarisation de son fils né en 2007 a pu se faire rapidement dans le quartier. Elle vend désormais ses récoltes, le père de ses enfants est revenu et contribue à son travail. Leur plus jeune fils né en 2008 reste avec elle ainsi que leur fille aînée, née en 2002, handicapée, que l’école ne peut accepter. Eugénie est en recherche pour lui procurer un fauteuil roulant et trouver une solution pour sa scolarisation.

Lors de mon voyage en mars 2012, on apprend qu'en réalité les enfants ne vont pas à l'école parce que la rentrée était faite avant que nous intervenions. Nous contrôlerons leur bonne volonté à la rentrée prochaine.

En attendant, nous nous concentrons sur Valisoa pour savoir si son handicap est irrémédiable, et après une visite dans un centre de rééducation et des séances de kiné, nous avons bon espoir qu'elle retrouve l'usage de ses jambes.

Nous étudions également la faisabilité de couvrir une des pièces de la maison actuellement sans toit qu'ils habitent mais nous devons, au préalable, demander l'accord du propriétaire et s'assurer qu'il ne les mettra pas dehors quand les réparations seront faites.

En juin 2012,nous obtenons l'accord écrit du propriétaire et nous procédons à l'aménagement envisagé.

Août 2012. Baholy a inscrit ses enfants à l'école publique du quartier.

Octobre 2012. Finalement Baholy et sa famille a déménagé, le propriétaire a mis sa maison en vente. Nous avons récupéré les aménagements que nous avons fait.Son nouveau lieu de vie à Ilafy est plus agréable et avec Félix et les enfants ils semblent mieux vivre. Leurs revenus, des petits boulots pour Félix et la vente de fruits sur le bord de la route pour Baholy.   Les enfants sont scolarisés, nous attendons les certificats.

Les séances de kiné ont été interrompues, apparemment la kinésithérapeute est arrêtée. Nous avons lancé également l’obtention d’un fauteuil roulant qui se fait attendre. Cette famille n’a pu participer au rassemblement pour le bilan de santé au dispensaire Manjakaray, Eugénie a prévu un rendez-vous afin d’emmener la jeune handicapée par véhicule particulier.

 

Avril 2013. Une visite chez eux nous les montre dans leurs occupations quotidiennes, Baholy fait la lessive, Félix est allé acheter des légumes pour agrémenter le riz que l'enfant est en train de faire cuire. Nous avons bien conscience que les séances de kinésithérapie aléatoires que reçoit  Valisoa, ne sont pas suffisantes pour infléchir son handicap. Nous cherchons une autre solution dans un instrument tel qu'un youpala pour lui donner la possibilité de travailler elle-même, le fauteuil roulant n'étant qu'un moyen pour la déplacer.
 
Août 2013. Valisoa a fait son traitement pendant  5 séances successives. Eugénie a rencontré le Kiné qui l’aide à fortifier ses mains et ses jambes à partir d’exercices spécifiques. Elle pense que "notre appareil" n'est pas une bonne idée. Eugénie participe avec le kiné pour  lui apprendre à se tenir debout, elle peut désormais monter toute seule sur son lit.
 
Septembre 2013. Baholy vend toujours des cacahuètes. Ils ont déménagé et depuis quelques temps, Valisoa arrive à monter sur son lit toute seule, elle fait désormais des exercices toute seule et  le kiné vient maintenant chez eux .
 
Fin novembre 2013

Ils ont actuellement des difficultés, Baholy a été très malade, elle n’a pas pu aller au dispensaire, cela leur a coûté beaucoup d’argent. Nous allons leur attribuer une aide supplémentaire pour payer leur loyer . D’autre part, la rééducation demandant beaucoup d’assiduité ne donnant pas les résultats escomptés, nous devons mettre en place une prise en charge de Valisoa, qui grandit, devient adolescente, et reste souvent seule à la maison sans défense et sans pouvoir se déplacer.

14 mai 2014.
 
Nous allons rendre visite à Baholy chez elle au quartier d'Ankadikelyilafy. Elle nous reçoit avec un large sourire, elle est heureuse de notre aide, ça lui a changé la vie. La petite maison où elle vit désormais est d'une seule pièce avec 2 paillasses pour dormir, elle a une ouverture pour exposer les fruits qu'elle vend. A l'intérie,  il y a une  mauvaise odeur. Valisoa ne peut pas se lever toute seule, on peut imaginer ce qui se passe quand sa mère n'est pas là. Le dernier revient avec un paquet de cybelles, plus petit qu'un paquet de cigarettes pour le repas de midi, à ajouter au riz quotidien. Elle paie 15 000 A pour le loyer sans eau et sans électricité. Ce qu'elle gagne, leur permet de manger tous les jours mais notre aide est indispensable. Ils sont en bonne santé, Félix fait des batelages quand il en trouve 
 
 
A 13 ans, elle travaillait déjà dans une famille qui lui permettait en même temps d'aller à l'école. Elle sait donc lire et écrire. Nous reviendrons pour les certificats de scolarité que l'école n'a pas voulu donner parce qu'elle n'avait pas payé et nous lui donnerons l'argent pour faire suivre Valisoa pendant une semaine complète. 
 
Une semaine plus tard, lorsque nous revenons voir Baholy, elle nous donne immédiatement le certificat de scolarité qu'elle a pu avoir dès qu'elle a payé l'écolage en retard et Lova est retourné à l'école le jour même. Eugénie organise avec elle son séjour chez une kiné à l'autre bout de la ville avec Valisoa. Elle doit obligatoirement la suivre pour subvenir à ses besoins mais elle a ses deux autres enfants qu'elle ne peut laisser seule, Félix part travailler la journée. Il est donc décidé qu'elle partira avec le plus petit qui ne va pas à l'école et que le plus grand prendra la clef avec lui et rentrera le soir avec son père. Nous lui proposons de le faire dès le lendemain, nous lui donnons le nécessaire pour cela et lui demandons de nous dire le résultat la semaine suivante quand elle viendra chercher sa subvention.
 
 

 

Novembre 2014.

Aux dernières nouvelles qu'Eugénie me communique, elle me fait part de sa difficulté à retrouver Baholy et sa famille qui, depuis quelques temps, déménagent régulièrement sans lui en faire part. 

 

Février 2015

L'état de Valisoa semble s'améliorer. Nous devons penser désormais à trouver un établissement scolaire qui pourrait l'accepter.

 

Octobre 2015

Baholy vient d'avoir une belle petite fille. C'est toujours une joie, même si cette naissance vient ajouter quelques difficultés au quotidien.

Février 2016

En visite chez Baholy, nous constatons une fois de plus que Valisoa est posée à l’extérieur de la maison fermée avec un cadenas pendant que ses parents sont partis travailler, la mère avec le bébé. C’est une situation que nous voulons voir cesser, les dangers que court Valisoa à rester seule sans défense à l’extérieur, sans compter les pluies diluviennes qui s’abattent en ce moment sur Tana nous incitent à trouver un centre au plus vite. Ce 23 février, nous rencontrons Fela du centre Sembana Mijoro. Bel établissement et bel enseignement. Le prix est un peu élevé mais nous décidons de faire un essai jusqu’à la fin de l’année scolaire si les parents sont d’accord.

Septembre 2016

Depuis notre rencontre, l’admission de Valisoa  à Sembana Mijoro n’a pas pu avoir lieu. Les parents ont déménagé une nouvelle fois et Felix ne vit pas complètement avec Baholy. Mais leur décision est prise, ils vont se rendre prochainement au centre pour effectuer les formalités. En ce qui concerne les deux garçons, rien ne nous dit qu’ils sont scolarisés. Nous n’arrivons pas à avoir l’attestation.

Octobre 2017

Baholy a déménagé durant l'année pour se rapprocher de sa mère qui garde Valisoa pendant leurs absences. Elle habite désormais vers Ambatobe où elle a scolarisé ses 2 garçons avec notre aide. Elle vit de mendicité vers l’hôtel Francis mais souhaite avoir la possibilité de faire un petit commerce de légumes vers chez elle. Félix fait toujours du batelage. Ils sont d’accord pour le placement de Valisoa . Celui-ci se fera le 2 novembre avec la contribution de Brigitte et Andry. Valisoa est heureuse et sa mère apaisée. 

Janvier 2018

Valisoa heureuse à Sembana Mijoro.